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	<title>Ad din ul qayyim</title>
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	<description>La vraie religion n'a pas 2000 ans. Elle naquit le jour où naquirent les jours.</description>
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		<title>A.K.Coomaraswamy, Hindouisme et Bouddhisme, introduction (texte intégral)</title>
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		<pubDate>Sun, 18 May 2008 17:06:37 +0000</pubDate>
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				<category><![CDATA[Coomaraswamy Ananda K.]]></category>
		<category><![CDATA[hindouisme]]></category>

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		<description><![CDATA[Ce texte constitue l&#8217;introduction à la partie sur l&#8217;hindouisme, du livre Hindouisme et Bouddhisme, de Ananda K. Coomaraswamy. Le Brahmanisme ou Hindouisme est la plus ancienne des religions ou plutôt la plus ancienne des disciplines métaphysiques dont nous avons une connaissance complète et précise par des sources écrites et, pour les deux derniers millénaires, par [...]<img alt="" border="0" src="http://stats.wordpress.com/b.gif?host=alkhidr.wordpress.com&amp;blog=3531289&amp;post=16&amp;subd=alkhidr&amp;ref=&amp;feed=1" width="1" height="1" />]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><em>Ce texte constitue l&#8217;introduction à la partie sur l&#8217;hindouisme, du livre </em>Hindouisme et Bouddhisme, <em>de Ananda K. Coomaraswamy.</em></p>
<p class="MsoNormal">
<p class="MsoNormal">Le Brahmanisme ou Hindouisme est la plus ancienne des religions      ou plutôt la plus ancienne des disciplines métaphysiques dont nous avons une      connaissance complète et précise par des sources écrites et, pour les deux      derniers millénaires, par des documents iconographiques. Elle est aussi &#8211; et      peut-être la seule &#8211; une discipline qui survit dans une tradition intacte,      vécue et comprise aujourd&#8217;hui par des millions d&#8217;hommes, dont certains sont      des paysans, d&#8217;autres des hommes instruits, parfaitement capables d&#8217;exposer      leur foi, aussi bien dans une langue européenne que dans leur propre langue.      Néanmoins, bien que les écrits anciens et récents ainsi que les pratiques      rituelles de l&#8217;Hindouisme aient été étudiés par des érudits européens depuis      plus d&#8217;un siècle, il serait à peine exagéré de dire que l&#8217;on pourrait parfaitement      donner un exposé fidèle de l&#8217;Hindouisme sous la forme d&#8217;un démenti catégorique      à la plupart des énoncés qui en ont été faits, tant par les savants européens      que par les Hindous formés aux modernes façons de penser sceptiques et évolutionnistes.</p>
<p class="MsoNormal">Par exemple, on remarquera d&#8217;abord que la doctrine védique      n&#8217;est ni panthéiste, ni polythéiste. Elle ne constitue pas non plus un culte      des puissances de la Nature, sinon dans le sens de <em>Natura naturans est Deus</em>, où lesdites puissances ne sont rien d&#8217;autre      que les noms des actes divins. Le <em>karma</em> n&#8217;est pas le « sort », sinon dans le sens orthodoxe de caractère      et de destin, inhérents aux choses créées elles-mêmes, qui, correctement entendus,      déterminent leur vocation. <em>Mâyâ</em> n&#8217;est pas l&#8217;« illusion », mais représente plutôt la « mesure »      maternelle et, les moyens essentiels de la manifestation d&#8217;un monde d&#8217;apparences      fondé sur la quantité, apparences par lesquelles nous pouvons être illuminés      ou égarés selon le degré de notre propre maturité. La notion de « réincarnation »,      au sens ordinaire d&#8217;une renaissance sur la terre d&#8217;individus défunts, représente      seulement une erreur de compréhension des doctrines de l&#8217;hérédité, de la transmigration      et de la régénération. Les six <em>darshanas</em> de la « philosophie »      sanscrite postérieure ne sont pas autant de « systèmes » s&#8217;excluant      réciproquement, mais, comme le signifie leur nom, autant de « points      de vue » qui ne se contredisent pas plus que ne font entre elles la botanique      et les mathématiques. Nous nierons également qu&#8217;il existe dans l&#8217;Hindouisme      quoi que ce soit d&#8217;unique, rien qui lui soit particulier, hors la teinte locale      et les adaptations sociales auxquelles on doit s&#8217;attendre ici-bas, où rien      n&#8217;est connu qu&#8217;à la mesure du connaissant.</p>
<p class="MsoNormal">La tradition hindoue est l&#8217;une des formes de la <em>Philosophia Perennis</em>, et, comme telle,      incarne les vérités universelles dont aucun peuple ni aucune époque ne saurait      revendiquer la possession exclusive. C&#8217;est pourquoi un Hindou est parfaitement      désireux de voir ses Écritures utilisées par d&#8217;autres hommes à titre de « preuves      extrinsèques et valables » de la vérité que ces derniers connaissent      aussi. Bien plus, un Hindou soutiendrait que ces cimes sont le seul lieu où      un accord des différentes formes peut être effectivement réalisé.</p>
<p class="MsoNormal">Ceci dit, nous allons tenter d&#8217;établir de façon positive      les fondements de la doctrine. Non pas toutefois, comme on le fait d&#8217;habitude,      d&#8217;après la « méthode historique », qui obscurcit la réalité plutôt      qu&#8217;elle ne l&#8217;éclaire, mais en partant d&#8217;un point de vue strictement orthodoxe,      tant en ce qui concerne les principes que leurs applications. Nous nous efforcerons      de parler avec la précision la plus « mathématique », mais sans      jamais user de termes de notre propre cru, et sans jamais avancer une affirmation      pour laquelle l&#8217;autorité scripturaire ne pourrait être citée par chapitre      et verset. De la sorte, notre façon de procéder sera elle-même typiquement      hindoue.</p>
<p class="MsoNormal">Nous ne pouvons tenter d&#8217;examiner l&#8217;ensemble des textes sacrés,      car cela reviendrait à faire l&#8217;histoire littéraire de l&#8217;Inde, à propos de      laquelle il est impossible de dire où finit le sacré et où commence le profane,      car les chants des bayadères et des bateleurs eux-mêmes sont les hymnes de      « Fidèles d&#8217;Amour ». Nos sources commencent avec le Rig-Vêda (vers      1200 ou davantage avant J-C.) et ne finissent qu&#8217;avec les très modernes traités      vaishnavas, shaivas et tantras. Nous devons cependant mentionner spécialement      la <em>Bhagavad-Gîtâ</em>, qui est probablement      l&#8217;œuvre isolée la plus importante qui ait jamais été composée dans l&#8217;Inde.      Ce livre de dix-huit chapitres n&#8217;est pas, comme on l&#8217;a dit parfois, l’œuvre      d&#8217;une « secte ». Il est étudié partout et souvent récité journellement      de mémoire par des millions d&#8217;Hindous de toutes croyances. On peut le considérer      comme un abrégé de toute la doctrine védique telle qu&#8217;on la trouve dans les      premiers livres, Védas, Brâhmanas et Upanishads. Étant ainsi le fondement      de tous leurs développements ultérieurs, il peut être regardé comme le foyer      même de toute la spiritualité hindoue. On a dit justement, à propos de la      <em>Bhagavad-Gîtâ</em>, que, de tous les      textes sacrés de l&#8217;humanité, il n&#8217;en est probablement pas d&#8217;autre qui soit      à la fois « aussi grand, aussi complet et aussi court ». Il faut      ajouter que les personnages apparemment historiques de Krishna et d&#8217;Arjuna      doivent être identifiés avec l&#8217;Agni et l&#8217;Indra mythiques.</p>
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		<title>Maître Eckhart, Des gens qui ne se sont pas laissés et sont encore pleins de volonté propre (extrait)</title>
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		<pubDate>Thu, 08 May 2008 21:50:20 +0000</pubDate>
		<dc:creator>baadm</dc:creator>
				<category><![CDATA[Maître Eckhart]]></category>
		<category><![CDATA[pauvreté]]></category>

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		<description><![CDATA[Chapitre extrait des Entretiens Spirituels, de Maître Eckhart. Les gens disent : &#171;&#160;Ah ! Seigneur, j&#8217;aimerais bien être moi aussi en bons termes avec Dieu comme le sont d&#8217;autres gens; j&#8217;aimerais avoir la même ferveur et la même paix en Lui ; je ne demanderais que de partager leur sort d&#8217;être pauvre comme eux. &#160;&#187; [...]<img alt="" border="0" src="http://stats.wordpress.com/b.gif?host=alkhidr.wordpress.com&amp;blog=3531289&amp;post=15&amp;subd=alkhidr&amp;ref=&amp;feed=1" width="1" height="1" />]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><em>Chapitre extrait des </em>Entretiens Spirituels, <em>de Maître Eckhart.</em></p>
<p class="MsoNormal">Les gens disent : &laquo;&nbsp;Ah ! Seigneur, j&#8217;aimerais bien être moi aussi en bons termes avec Dieu comme le sont d&#8217;autres gens; j&#8217;aimerais avoir la même ferveur et la même paix en Lui ; je ne demanderais que de partager leur sort d&#8217;être pauvre comme eux. &nbsp;&raquo; Ou encore : &nbsp;&raquo; Je ne suis jamais content, où que je suis et quoique je fasse ; je voudrais être en exil loin de chez moi, ou dans une cellule, ou dans un couvent.&nbsp;&raquo;<br />
En vérité dans tout cela, c&#8217;est toi-même, toi seul qui en es cause, parce que tu n&#8217;en veux faire qu&#8217;à ta tête. Même si tu ne le sais pas et que tu en juges autrement, toute inquiétude qui s&#8217;élève en toi, à ton insu ou non, ne provient que de ta volonté propre. Comprenons-nous bien : fuir ceci, rechercher cela, éviter tels endroits ou telles gens, ou telle manière d&#8217;être, ou bien encore la foule ou les œuvres, ce n&#8217;est pas là, dans les choses ou les manières d&#8217;être, qu&#8217;est la cause de tes difficultés. N&#8217;accuse que toi-même, c&#8217;est toi qui te comportes mal à leur égard.<br />
Commence donc tout d&#8217;abord par toi-même et laisse-toi. En vérité, si tu ne te fuis pas d&#8217;abord toi-même, tu auras beau fuir où tu voudras, tu trouveras des obstacles et de l&#8217;inquiétude partout. Certains cherchent la paix dans les choses extérieures, dans le choix d&#8217;un lieu de retraite, dans telle façon de faire, dans la société des hommes ou dans les œuvres, dans l&#8217;abandon de leur patrie, dans la pauvreté ou l&#8217;abaissement, &#8211; quelle qu&#8217;en soit la grandeur ou la nature, tout cela, pourtant, ne compte pas et ne donne pas la paix. Ils cherchent fort mal, ceux qui cherchent ainsi. Plus il s&#8217;éloignent, moins ils trouvent ce qu&#8217;ils cherchent. Ils vont comme celui s&#8217;est trompé de chemin ; plus il avance, plus il s&#8217;égare.<br />
Que faut-il donc qu&#8217;il fasse ?<br />
Il doit d&#8217;abord se laisser lui-même ; il aura, de la sorte, laissé toutes choses. En vérité, l&#8217;homme qui laisserait un royaume, voire le monde entier, et se conserverait lui-même, n&#8217;aurait rien laissé. Mais l&#8217;homme qui se laisse lui-même, quoiqu&#8217;il conserve, richesse, honneur, n&#8217;importe quoi, cet homme a tout laissé.<br />
&laquo;&nbsp;Voyez, Seigneur, dit saint Pierre, nous avons tout laissé&nbsp;&raquo; &#8211; et il n&#8217;avait pourtant laissé que sa barque et un simple filet. Commentant ces paroles, un saint dit : Celui qui, volontairement, laisse une petite chose, ne laisse pas cette seule chose, &#8211; non, bien plus : il laisse tout ce que les gens attachés aux biens de ce monde pourraient jamais gagner ou même simplement désirer. En effet, qui laisse sa volonté propre et se laisse lui-même a aussi complètement laissé toutes choses que s&#8217;il en avait eu la libre propriété et qu&#8217;il les eût possédées en toute puissance. Car ce que tu veux pas demander, tu l&#8217;as abandonné et laissé pour Dieu. C&#8217;est pourquoi Notre-Seigneur dit : &laquo;&nbsp;Bienheureux les pauvres en esprit&nbsp;&raquo;, &#8211; c&#8217;est-à-dire les pauvres en volonté. Que nul n&#8217;en doute : S&#8217;il y avait une meilleure manière, Notre-Seigneur l&#8217;eût indiquée ! N&#8217;a-t-il pas dit, d&#8217;ailleurs : &nbsp;&raquo; Celui qui veut marcher à ma suite, qu&#8217;il se renonce d&#8217;abord lui-même ! &nbsp;&raquo; C&#8217;est à cela que tout se ramène. Observe-toi toi-même, et chaque fois que tu te trouves, laisse-toi ; il n&#8217;y a rien de mieux.</p>
<br /><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/categories/alkhidr.wordpress.com/15/" /> <img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/tags/alkhidr.wordpress.com/15/" /> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/gocomments/alkhidr.wordpress.com/15/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/comments/alkhidr.wordpress.com/15/" /></a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/godelicious/alkhidr.wordpress.com/15/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/delicious/alkhidr.wordpress.com/15/" /></a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/gofacebook/alkhidr.wordpress.com/15/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/facebook/alkhidr.wordpress.com/15/" /></a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/gotwitter/alkhidr.wordpress.com/15/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/twitter/alkhidr.wordpress.com/15/" /></a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/gostumble/alkhidr.wordpress.com/15/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/stumble/alkhidr.wordpress.com/15/" /></a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/godigg/alkhidr.wordpress.com/15/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/digg/alkhidr.wordpress.com/15/" /></a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/goreddit/alkhidr.wordpress.com/15/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/reddit/alkhidr.wordpress.com/15/" /></a> <img alt="" border="0" src="http://stats.wordpress.com/b.gif?host=alkhidr.wordpress.com&amp;blog=3531289&amp;post=15&amp;subd=alkhidr&amp;ref=&amp;feed=1" width="1" height="1" />]]></content:encoded>
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		<title>René Guénon, Principes d’unité des civilisations orientales (extrait)</title>
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		<pubDate>Fri, 25 Apr 2008 18:06:27 +0000</pubDate>
		<dc:creator>baadm</dc:creator>
				<category><![CDATA[Guénon René]]></category>
		<category><![CDATA[civilisation]]></category>

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		<description><![CDATA[Chapitre extrait de Introduction générale à l&#8217;étude des doctrines hindoues, de René Guénon. Il est fort difficile de trouver actuellement un principe d’unité à la civilisation occidentale ; on pourrait même dire que son unité, qui repose toujours naturellement sur un ensemble de tendances constituant une certaine conformité mentale, n’est plus véritablement qu’une simple unité de [...]<img alt="" border="0" src="http://stats.wordpress.com/b.gif?host=alkhidr.wordpress.com&amp;blog=3531289&amp;post=14&amp;subd=alkhidr&amp;ref=&amp;feed=1" width="1" height="1" />]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><em>Chapitre extrait de </em>Introduction générale à l&#8217;étude des doctrines hindoues, <em>de René Guénon.</em></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align:justify;">
<p class="MsoNormal" style="text-align:justify;">
<p class="MsoNormal" style="text-align:justify;">Il est fort difficile de trouver actuellement un principe d’unité à la civilisation occidentale ; on pourrait même dire que son unité, qui repose toujours naturellement sur un ensemble de tendances constituant une certaine conformité mentale, n’est plus véritablement qu’une simple unité de fait qui manque de principe comme en manque cette civilisation elle-même, depuis que s’est rompu, à l’époque de la Renaissance et de la Réforme, le lien traditionnel d’ordre religieux qui était précisément pour elle le principe essentiel, et qui en faisait, au moyen âge, ce qu’on appelait la « Chrétienté ». L’intellectualité occidentale ne pouvait avoir à sa disposition, dans les limites où s’exerce son activité spécifiquement restreinte, aucun élément traditionnel d’un autre ordre qui fût susceptible de se substituer à celui-là ; nous entendons qu’un tel élément ne pouvait, hors des exceptions incapables de se généraliser dans ce milieu, y être conçu autrement qu’en mode religieux. Quant à l’unité<span> </span>de la race européenne, en tant que race, elle est, comme nous l’avons indiqué, trop relative et trop faible, pour pouvoir servir de base à l’unité d’une civilisation. Il risquait donc d’y avoir dès lors des civilisations européennes multiples, sans aucun lien effectif et conscient ; et, en fait, c’est à partir du moment où fut brisée l’unité fondamentale de la « Chrétienté » qu’on vit se constituer à sa place, à travers bien des vicissitudes et des efforts incertains, les unités secondaires, fragmentaires et amoindries des « nationalités ». Mais l’Europe conservait pourtant jusque dans sa déviation mentale, et comme malgré elle, l’empreinte de la formation unique qu’elle avait reçue au cours des siècles précédents ; les influences mêmes qui avaient amené la déviation s’étaient exercées partout semblablement, bien qu’à des degrés divers ; le résultat fut encore une mentalité commune, d’où une civilisation demeurant commune en dépit de toutes les divisions, mais qui, au lieu de dépendre légitimement d’un principe, quel qu’il fût d’ailleurs, allait être désormais, si l’on peut dire, au service d’une « absence de principe » la condamnant à une déchéance intellectuelle irrémédiable. On peut assurément soutenir que c’était là la rançon du progrès matériel vers lequel le monde occidental a tendu exclusivement depuis lors, car il est des voies de développement qui sont inconciliables ; mais, quoi qu’il en soit, c’était vraiment, à notre avis, payer bien cher ce progrès trop vanté.</p>
<p class="MsoNormal" style="text-align:justify;"><span> </span>Cet aperçu sommaire permet de comprendre, en premier lieu, comment il ne peut y avoir en Orient rien qui soit comparable à ce que sont les nations occidentales : c’est que l’apparition des nationalités est en somme, dans une civilisation, le signe d’une dissolution partielle résultant de la perte de ce qui faisait son unité profonde. En Occident même, nous le répétons, la conception de la nationalité est chose essentiellement moderne ; on ne saurait rien trouver d’analogue dans tout ce qui avait existé auparavant, ni les cités grecques, ni l’empire romain, sorti d’ailleurs des extensions successives de la cité originelle, ou ses prolongements médiévaux plus ou moins indirects, ni les confédérations ou les ligues de peuples à la manière celtique, ni même les Etats organisés hiérarchiquement suivant le type féodal.</p>
<p class="MsoNormal" style="text-align:justify;"><span> </span>D’autre part, ce que nous avons dit de l’unité ancienne de la « Chrétienté », unité de nature essentiellement traditionnelle, et d’ailleurs conçue suivant un mode spécial qui est le mode religieux, peut s’appliquer à peu de chose près à la conception de l’unité du monde musulman. La civilisation islamique est en effet, parmi les civilisations orientales, celle qui est la plus proche de l’Occident, et l’on pourrait même dire que, par ses caractères comme par sa situation géographique, elle est, à divers égards, intermédiaire entre l’Orient et l’Occident ; aussi sa tradition nous apparaît-elle comme pouvant être envisagée sous deux modes profondément distincts, dont l’un est purement oriental, mais dont l’autre, qui est le monde proprement religieux, lui est commun avec la civilisation occidentale. Du reste, Judaïsme, Christianisme et Islamisme se présentent comme les trois éléments d’un même ensemble, en dehors duquel, disons-le dès maintenant, il est le plus souvent difficile d’appliquer proprement le terme même de « religion », pour peu qu’on tienne à lui conserver un sens précis et nettement défini ; mais, dans l’Islamisme, ce côté strictement religieux n’est en réalité que l’aspect le plus extérieur… Quoi qu’il en soit, à ne considérer pour le moment que le côté extérieur, c’est sur une tradition que l’on peut qualifier de religieuse que repose toute l’organisation du monde musulman : ce n’est pas, comme dans l’Europe actuelle, la religion qui est un élément de l’ordre social, c’est au contraire l’ordre social tout entier qui s’intègre dans la religion, dont la législation est inséparable, y trouvant son principe et sa raison d’être. C’est là ce que n’ont jamais bien compris, malheureusement pour eux, les Européens qui ont eu affaire à des peuples musulmans, et que cette méconnaissance a entraînés dans les erreurs politiques les plus grossières et les plus inextricables… Nous ajouterons seulement à ce propos deux remarques qui ont leur intérêt : la première, c’est que la conception du « Khalifat », seule base possible de tout « panislamisme » vraiment sérieux, n’est à aucun degré assimilable à celle d’une forme quelconque de gouvernement national, et qu’elle a d’ailleurs tout ce qu’il faut pour dérouter les Européens, habitués à envisager une séparation absolue, et même une opposition, entre le « pouvoir spirituel » et le « pouvoir temporel » ; la seconde, c’est que, pour prétendre instaurer dans l’Islam des « nationalismes » divers, il faut toute l’ignorance suffisante de quelques « jeunes » Musulmans, qui se qualifient ainsi eux-mêmes pour afficher leur « modernisme », et chez qui l’enseignement des Universités occidentales a complètement oblitéré le sens traditionnel.</p>
<p class="MsoNormal" style="text-align:justify;"><span> </span>Il nous faut encore, en ce qui concerne l’Islam, insister ici sur un autre point, qui est l’unité de sa langue traditionnelle : nous avons dit que cette langue est l’arabe, mais nous devons préciser que c’est l’arabe littéral, distinct dans une certaine mesure de l’arabe vulgaire qui en est une altération et, grammaticalement, une simplification. Il y a là une différence qui est un peu du même genre que celle que nous avons signalée, pour la Chine, entre la langue écrite et la langue parlée : l’arabe littéral seul peut présenter toute la fixité qui est requise pour remplir le rôle de langue traditionnelle, tandis que l’arabe vulgaire, comme toute autre langue servant à l’usage courant, subit naturellement certaines variations suivant les époques et suivant les régions. Cependant, ces variations sont loin d’être aussi considérables qu’on le croit d’ordinaire en Europe : elles portent surtout sur la prononciation et sur l’emploi de quelques termes plus ou moins spéciaux, et elles sont insuffisantes pour constituer même une pluralité de dialectes, car tous les hommes qui parlent l’arabe sont parfaitement capable de se comprendre ; il n’y a en somme, même pour ce qui est de l’arabe vulgaire, qu’une langue unique, qui est parlée depuis le Maroc jusqu’au Golf Persique, et les soi-disant dialectes arabes plus ou moins variés sont une pure invention des orientalistes. Quant à la langue persane, bien qu’elle ne soit point fondamentale au point de vue de la tradition musulmane, son emploi dans les nombreux écrits relatifs au « Soufisme »<span> </span>lui donne néanmoins, pour la partie la plus orientale de l’Islam, une importance intellectuelle incontestable.</p>
<p class="MsoNormal" style="text-align:justify;"><span> </span>Si maintenant nous passons à la civilisation hindoue, son unité est encore d’ordre purement et exclusivement traditionnel : elle comprend en effet des éléments appartenant à des races ou à des groupements ethniques très divers, et qui peuvent tous être dits également « hindous » au sens strict de ce mot, à l’exclusion d’autres éléments appartenant à ces mêmes races, ou tout au moins à quelques-unes d’entre elles. Certains voudraient qu’il n’en eût pas été ainsi à l’origine, mais leur opinion ne se fonde sur rien de plus que la supposition d’une prétendue « race âryenne », qui est simplement due à l’imagination trop fertile des orientalistes ; le terme sanskrit ârya, dont on a tiré le nom de cette race hypothétique, n’a jamais été en réalité qu’une épithète distinctive s’appliquant aux seuls hommes des trois premières castes, et cela indépendamment du fait s’appartenir à telle ou telle race, dont la considération n’a pas à intervenir ici. Il est vrai que le principe de l’institution des castes est, comme bien d’autres choses, demeuré tellement incompris en Occident, qu’il n’y a rien d’étonnant à ce que tout ce qui s’y rapporte de près ou de loin ait donné lieu à toutes sortes de confusions… Ce qu’il faut retenir pour le moment, c’est que l’unité hindoue repose entièrement sur la reconnaissance d’une certaine tradition, qui enveloppe encore ici tout l’ordre social, mais, d’ailleurs, à titre de simple application à des contingences ; cette dernière réserve est nécessité par le fait que la tradition dont il s’agit n’est plus du tout religieuse comme elle l’était dans l’Islam, mais qu’elle est d’ordre plus purement intellectuel et essentiellement métaphysique. Cette sorte de double polarisation, extérieure et intérieure, à laquelle nous avons fait allusion à propos de la tradition<span> </span>musulmane, n’existe pas dans l’Inde, où l’on ne peut pas, par suite, faire avec l’Occident les rapprochements que permettrait encore tout au moins le côté extérieur de l’Islam ; il n’y a plus absolument rien qui soit analogue à ce que<span> </span>sont les religions occidentales, et il ne peut y avoir, pour soutenir le contraire, que des observateurs superficiels, qui prouvent ainsi leur parfaite ignorance des modes de la pensée orientale…</p>
<p class="MsoNormal" style="text-align:justify;"><span> </span>La civilisation chinoise est … la seule dont l’unité soit essentiellement, sans sa nature profonde, une unité de race ; son élément caractéristique, sous ce rapport, est ce que les Chinois appellent<span> </span><em>gen</em>, conception que l’on peut rendre, sans trop d’inexactitude, par « solidarité de la race ». Cette solidarité, qui implique à la fois la perpétuité et la communauté de l’existence, s’identifie d’ailleurs à l’ « idée de vie », application du principe métaphysique de la « cause initiale » à l’humanité existante ; et c’est de la transposition de cette notion dans le domaine social, avec la mise en œuvre continuelle de toutes ses conséquences pratiques, que découle l’exceptionnelle stabilité des institutions chinoises. C’est cette même conception qui permet de comprendre que l’organisation sociale tout entière repose ici sur la famille, prototype essentiel de la race ; en Occident, on aurait pu trouver quelque chose d’analogue, jusqu’à un certain point, dans la cité antique, dont la famille formait le noyau initial, et où le « culte des ancêtres » lui-même, avec tout ce qu’il implique effectivement, avait une importance dont les modernes ont quelque peine à se rendre compte. Pourtant, nous ne croyons pas que, nulle part ailleurs qu’en Chine, on soit allé aussi loin dans le sens d’une conception de l’unité familiale s’opposant à tout individualisme, supprimant par exemple la propriété individuelle, et par suite l’héritage, et rendant en quelque sorte la vie impossible à l’homme qui, volontairement ou non, se trouve retranché de la communauté de la famille. Celle-ci joue, dans la société chinoise, un rôle au moins aussi considérable que celui de la caste dans la société hindoue, et qui lui est comparable à certains égards ; mais le principe en est tout différent. D’autre part, la partie proprement métaphysique de la tradition est, en Chine plus que partout ailleurs, nettement séparée de tout le reste, c’est-à-dire, en somme, de ces applications à divers ordres de relativités ; cependant, il va de soi que cette séparation, si profonde qu’elle puisse être, ne saurait aller jusqu’à une absolue discontinuité, qui aurait pour effet de priver de tout principe réel les formes extérieures de la civilisation. On ne le voit que trop dans l’Occident moderne, où les institutions civiles se, dépouillées de toute valeur traditionnelle, mais traînant avec elles quelques vestiges du passé, désormais incompris, font parfois l’effet d’une véritable parodie rituelle sans la moindre raison d ‘être, et dont l’observance n’est proprement qu’une « superstition », dans toute la force que donne à ce mot son acceptation étymologique rigoureuse.</p>
<p class="MsoNormal" style="text-align:justify;"><span> </span>Nous en avons dit assez pour montrer que l’unité de chacune des grandes civilisations orientales est d’un tout autre ordre que celle de la civilisation occidentale actuelle, qu’elle s’appuie sur des principes bien autrement profonds et indépendants des contingences historiques, donc éminemment aptes à en assurer la durée et la continuité. (…).</p>
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		<item>
		<title>Abbé Henri Stéphane, A propos de l&#8217;évolution (texte intégral)</title>
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		<pubDate>Tue, 22 Apr 2008 12:28:02 +0000</pubDate>
		<dc:creator>baadm</dc:creator>
				<category><![CDATA[Abbé Henri Stéphane]]></category>
		<category><![CDATA[évolution]]></category>

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		<description><![CDATA[traité tiré de Introduction à l&#8217;ésotérisme chrétien, de l&#8217;abbé Henri Stéphane Jean Rostand avoue son scepticisme à l’égard des théories évolutionnistes, mais, ajoute-t-il, c’est une hypothèse dont on ne peut se passer, c’est la seule explication rationnelle de la « genèse » des êtres vivants. Ce besoin d’explication rationnelle est une maladie mentale – ou une « passion [...]<img alt="" border="0" src="http://stats.wordpress.com/b.gif?host=alkhidr.wordpress.com&amp;blog=3531289&amp;post=13&amp;subd=alkhidr&amp;ref=&amp;feed=1" width="1" height="1" />]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p class="MsoNormal" style="text-align:justify;text-indent:35.4pt;">
<p class="MsoNormal" style="text-align:justify;text-indent:35.4pt;"><em>traité tiré de </em>Introduction à l&#8217;ésotérisme chrétien, <em>de l&#8217;abbé Henri Stéphane</em></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align:justify;text-indent:35.4pt;">
<p class="MsoNormal" style="text-align:justify;text-indent:35.4pt;"><span style="font-size:10pt;">Jean Rostand avoue son scepticisme à l’égard des théories évolutionnistes, mais, ajoute-t-il, c’est une hypothèse dont on ne peut se passer, c’est la seule explication rationnelle de la « genèse » des êtres vivants.</span></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align:justify;text-indent:35.4pt;"><span style="font-size:10pt;">Ce besoin d’explication rationnelle est une maladie mentale – ou une « passion mentale »- de l’homme moderne qui, incapable de saisir les vérités essentielles, cherche à compenser son impuissance métaphysique par la « recherche » scientifique. Car enfin, pourquoi se poser pareille question : l’homme descend-il du lézard ? On pourrait répondre, en se plaçant sur le même terrain « rationaliste » ou quelque peu « scolastique » : si l’homme descendait du lézard, c’est que l’homme serait contenu virtuellement dans le lézard, et celui-ci serait déjà au moins un homme en puissance et non pas un lézard ; mais ce genre de raisonnement n’intéresse guère nos contemporains, qui préfèrent les brumes de la phénoménologie ou de l’existentialisme.</span></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align:justify;text-indent:35.4pt;"><span style="font-size:10pt;">Pour nous, une telle question n’a aucun intérêt. Qu’est-ce que cela peut bien me faire, à moi, que l’homme descende, ou non, du lézard ? Quelle étrange manie de vouloir faire sortir le plus du moins, le supérieur de l’inférieur ! A la limite, pourquoi le monde ne viendrait-il pas de Satan, l’être le plus inférieur de tous ? Cette tendance « démocratique » à tout faire sortir « d’en bas » a quelque chose de morbide qui répugne à tout homme sain d’esprit.</span></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align:justify;text-indent:35.4pt;"><span style="font-size:10pt;">Si nous consentons encore à faire un peu de « scolastique », peut-on situer l’origine de l’humanité sur le plan même de l’existence ? J.Rostand le pressent bien, lorsqu’il déclare : « En admettant l’hypothèse de l’évolution, on ne pourra jamais connaître la cause de cette évolution. » Voilà bien l’aveu d’impuissance métaphysique, sorti de la bouche d’un savant dont le témoignage n’a rien de suspect ; saint Thomas d’Aquin n’aurait pas mieux parlé, mais on ne lui accorde plus gère de crédit. Profitons cependant d’un tel aveu pour rappeler qu’en effet la cause est essentiellement d’un autre ordre que ses effets : elle se trouve sur un autre plan si l’on préfère, et la science qui évolue sur un plan tout à fait « horizontal » ne parviendra jamais à en sortir et à nous fournir la « cause » qui se situe à un niveau, évidemment supérieur, et de « cause » en « cause, ou de plan en plan, on aboutit à la Cause Première qui est « en dehors » de tous les plans et « au-dessus » de toutes les causes.</span></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align:justify;text-indent:35.4pt;"><span style="font-size:10pt;">Mais cette question de la « causalité » n’intéresse guère nos contemporains : ils se complaisent dans la « recherche » pour elle-même, indéfinie et sans but : l’art pour l’art !</span></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align:justify;text-indent:35.4pt;"><span style="font-size:10pt;">Nous avouerons même, quant à nous, que la forme « dialectique » donnée à ce genre de questions ne nous intéresse plus guère, sauf peut-être à titre « d’apologétique » pour ceux qui sont encore sensibles à ce genre d’argumentation.</span></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align:justify;text-indent:35.4pt;"><span style="font-size:10pt;">Pour nous, la seule question véritable est la suivante : qui<span> </span>suis-je ? A cela aucune hypothèse ou recherche scientifique ne peut répondre. Quel est mon père, et quelle est ma mère ? Est-ce cet homme et cette femme qui m’ont conçu dans l’emballement de l’amour ? Non, car ce faisant, ils ne savaient pas que c’était « moi » ; cela aurait pu être « un autre ». L’origine de mon « être » véritable, ce n’est donc pas mon père ni ma mère, à plus forte raison pas le lézard !</span></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align:justify;text-indent:35.4pt;"><span style="font-size:10pt;">Or, si j’ouvre la genèse, si mon intelligence n’est pas obscurcie par les élucubrations de la science ou de la philosophie profane, j’apprends de la théologie – et non pas de l’histoire ou de la science – j’apprends que Dieu a créé le Ciel et la Terre, que l’Esprit de Dieu se mouvait à la surface des Eaux, que l’homme a été fait à « l’image de Dieu », que l’homme a été créé « mâle et femelle », que mon père s’appelait Adam et ma mère Eve, mais qu’après avoir goûté de l’Arbre de la science du Bien et du Mal, tout a été remis en question. Si je continue à lire la Sainte Ecriture – en sautant tout de suite au plus important – et si j’y ajoute les commentaires de la Tradition et des Pères, j’apprends que « Adam » n’était que la figure du Christ, le Nouvel Adam, et que « Eve » n’était que la figure de la Vierge Marie ou de l’Eglise Vierge et Mère, l’Eglise, l’Epouse Sacrée, est sortie du coté du Christ endormi dans la mort, au moment où le centurion Longin perça de sa lance le coté du Crucifié, exactement comme Eve était sortie du coté d’Adam endormi ; j’apprends encore que l’eau sortie du coté du Christ n’est que autre que l’eau du baptême, l’eau de la « régénération », la même que les Eaux de la Genèse où se mouvait l’Esprit de Dieu… et bien d’autres choses encore !</span></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align:justify;text-indent:35.4pt;"><span style="font-size:10pt;">Que nous voilà loin du lézard ! </span></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align:justify;text-indent:35.4pt;"><span style="font-size:11pt;"> </span></p>
<br /><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/categories/alkhidr.wordpress.com/13/" /> <img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/tags/alkhidr.wordpress.com/13/" /> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/gocomments/alkhidr.wordpress.com/13/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/comments/alkhidr.wordpress.com/13/" /></a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/godelicious/alkhidr.wordpress.com/13/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/delicious/alkhidr.wordpress.com/13/" /></a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/gofacebook/alkhidr.wordpress.com/13/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/facebook/alkhidr.wordpress.com/13/" /></a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/gotwitter/alkhidr.wordpress.com/13/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/twitter/alkhidr.wordpress.com/13/" /></a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/gostumble/alkhidr.wordpress.com/13/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/stumble/alkhidr.wordpress.com/13/" /></a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/godigg/alkhidr.wordpress.com/13/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/digg/alkhidr.wordpress.com/13/" /></a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/goreddit/alkhidr.wordpress.com/13/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/reddit/alkhidr.wordpress.com/13/" /></a> <img alt="" border="0" src="http://stats.wordpress.com/b.gif?host=alkhidr.wordpress.com&amp;blog=3531289&amp;post=13&amp;subd=alkhidr&amp;ref=&amp;feed=1" width="1" height="1" />]]></content:encoded>
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		<title>J.Karnac, L’Esprit sacré de la Voie du Samouraï et son universalité (texte intégral)</title>
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		<pubDate>Tue, 22 Apr 2008 10:12:33 +0000</pubDate>
		<dc:creator>baadm</dc:creator>
				<category><![CDATA[Karnac Jean]]></category>
		<category><![CDATA[arts martiaux]]></category>
		<category><![CDATA[jihad]]></category>
		<category><![CDATA[samouraï]]></category>

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		<description><![CDATA[La Voie. « Il faut vénérer les Bouddhas et les divinités. Mais ne pas compter sur eux » ; disait Musashi Miyamoto, l’un des plus grands experts du sabre dans le Japon du XVIe siècle. Ne comptez que sur vous-même. Car, par un entraînement constant, une orientation parfaite et un détachement complet devant la mort, [...]<img alt="" border="0" src="http://stats.wordpress.com/b.gif?host=alkhidr.wordpress.com&amp;blog=3531289&amp;post=12&amp;subd=alkhidr&amp;ref=&amp;feed=1" width="1" height="1" />]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p class="MsoNormal" style="text-align:justify;"><strong>La Voie.</strong><strong></strong></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align:justify;"><strong> </strong></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align:justify;"><em>« Il faut vénérer les Bouddhas et les divinités. Mais ne pas compter sur eux » </em>; disait Musashi Miyamoto, l’un des plus grands experts du sabre dans le Japon du XVIe siècle. Ne comptez que sur vous-même. Car, par un entraînement constant, une orientation parfaite et un détachement complet devant la mort, vous pouvez devenir vous-même Bouddha, un libéré vivant, arriver là où il n’y a plus de conflits, plus de combats rythmés, plus d’antagonismes à vaincre. Là, où il y a la   <em>Grande</em><em> Paix</em><em> </em>après le combat, <em>Wu-Wei</em> en chinois, <em>Satori</em> en Japonais, <em>Sakinah</em> en hébreu, <em>Salaam</em> en arabe. Là, où le guerrier devient le moteur immobile, le moyen autour duquel la roue tourne, sans tourner lui-même. Voila l’esprit sacré du samouraï, la vraie victoire après le combat, après la Grande  Guerre Sainte contre les forces du mal en soi.</p>
<p class="MsoNormal" style="text-align:justify;">
<p class="MsoNormal" style="text-align:justify;">La guerre et le combat est, en définitive, un désordre pour rétablir l’ordre rompu, comme le définissait René Guénon.</p>
<p class="MsoNormal" style="text-align:justify;">
<p class="MsoNormal" style="text-align:justify;">Comme les chevaliers du Moyen Age occidental, les samouraïs étaient dédiés corps et âme à leur maître, daimyo ou shogun. Une fidélité sans faille jusqu’au sacrifice suprême. Autant dans la chevalerie que chez les samouraïs, les entraînements au combat étaient intimement liés au développement spirituel, à une maîtrise parfaite de ses peurs et de ses émotions. C’était cette maîtrise de son âme et de ses instincts qui assurait la victoire au combattant. Son courage ne montrait pas de brèche, sa détermination aucun point vulnérable. Son mental devait devenir une forteresse imprenable, défiant l’adversaire. Si la vie de samouraï était rigide et austère, il pouvait aussi être artiste et poète, et nombre de Samouraïs ont été des peintres<span> </span>très appréciés, des calligraphes admirés, des poètes méritoires.</p>
<p class="MsoNormal" style="text-align:justify;">
<p class="MsoNormal" style="text-align:justify;"><strong>Pratique et dissolution de la peur.</strong></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align:justify;"><strong> </strong></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align:justify;">Pourtant, une question peut se poser : comment la spiritualité ou le sacré s’accorde t-il avec la violence des combats, des affrontements, des batailles à mort ? « <em>Le Paradis est à l’ombre des épées »</em>, dit un dicton arabe. Et le Paradis est toujours la récompense d’une vie vertueuse, sans péchés. Les samouraïs ont fortement subi l’influence du Zen et ils se préparaient au combat par des exercices de méditation accompagnés ou non d’invocations rythmant la respiration. Cela mène vers une sérénité intérieure, enlevant les blocages et les obstacles pour agir sans réfléchir, directement, foudroyant, précis et efficace. Ce qui est illustré par cette maxime de guerre chinoise : Gagner d’abord, combattre ensuite… Ainsi, la peur devant une mort certaine disparaît. Les disciplines des arts martiaux, répétées sans cesse, forment l’homme à réagir sans émotions, d’hésitation ou d’effroi. Les activités de combat vont ainsi de pair avec un sens profond de l’honneur, de la fidélité et du courage.<span> </span>Comme le disait Raimond Lulle dans son Livre de l’Ordre de Chevalerie (1275) : « <em>La voie de la perfection spirituelle chevaleresque est centrée sur l’amour et le sacrifice. La noblesse et le courage est essentielle à l’état de chevalerie ». </em>Un conte taoïste dit que le guerrier doit avoir dans l’âme la foi, l’espérance et la charité, et agir avec justice, prudence et force. Le chevalier avant de tirer son épée, cria : « <em>Mon âme à Dieu, ma vie au Roy, l’Honneur à moi ! ». </em>La spiritualité fait comprendre que la vie n’est qu’un rêve fugace, qu’il ne faut pas s’attacher aux choses de ce bas-monde, car il y aura un monde meilleur pour le valeureux qui vit avec honneur, sincérité et fidélité. <em>« Toute chose s’efface, sauf Sa Face »</em>, nous dit le Coran. La vie n’est qu’un passage, mais dont « <em>les actions appellent des réactions concordantes</em> » nous enseigne le taoïsme. Réaction concordante veut dire récompense pour les bonnes actions et sanctions pour les mauvaises. Un samouraï qui vivait son code d’honneur ne pouvait qu’être serein en face de la mort. Et on peut se souvenir d’une vieille expression normande : « <em>Qui n’a pas peur, fait peur ! » </em>La fidélité le dispose pour le sacrifice suprême dans le service de son maître. La sincérité est l’accord parfait avec le Vrai, et elle est liée à la Justice, à l’équité, à la générosité. Toutes des vertus typiques du samouraï ou du rônin. Comme le formule le Hagakure : « <em>Il est sûr qu’un samouraï qui n’est pas prêt à mourir, mourra d’une mort peu honorable ». </em>L’inspiration Zen se dévoile dans une des règles martiales : « <em>Se sentir solide comme un arbre et vif comme un chat ».</em> Le Tao du Maître Chang indique « <em>qu’un guerrier qui se tient assis solitaire dans sa chambre est capable de transformer le monde ». </em><span> </span>Le sabre enfin, est l’âme du Samouraï. Elle doit devenir vivante entre ses mains. « <em>Il en est à la fois l’acteur et le spectateur » </em>disait Maître Chang. L’épée d’Alexandre le Grand, qui tranche le noeud gordien, symbolise l’intellect fulgurant qui dissout les erreurs et les contradictions : L’âme libérée de ses entraves par le Verbe de Vérité.</p>
<p class="MsoNormal" style="text-align:justify;">
<p class="MsoNormal" style="text-align:justify;"><strong>Le Sacré et </strong><strong>la Guerre</strong><strong> ;</strong></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align:justify;"><strong> </strong></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align:justify;">La guerre, en tant qu’elle est dirigée contre ceux qui troublent l’ordre et qu’elle a pour but de les y ramener, constitue une fonction tout à fait légitime, un des aspects de la fonction de « Justice » divine. Le Christ lui-même n’a-t-il pas dit : « <em>Je ne suis pas venu apporter la paix, mais l’épée ». </em>(MATTH. X, 34). Au point de vue spirituel, ce qui donne à la guerre ainsi comprise toute sa valeur réelle, c’est qu’elle symbolise la lutte que chaque homme doit mener contre les ennemis qu’il porte en lui-même, c’est-à-dire, contre les éléments, qui, en lui, sont contraires à l’ordre et à l’unité du Soi. La guerre doit toujours, extérieurement ou intérieurement, tendre également à établir l’équilibre et l’harmonie en vue de réaliser la « Grande Paix », laquelle ne peut être obtenue véritablement que par la soumission à la Volonté divine, mettant chacun des éléments à sa place pour faire tous concourir à la réalisation consciente d’un même plan (Satori, Nirvâna). Comme le disait le Prophète Mohammed en revenant d’un champ de bataille : « <em>Nous revenons de la petite Guerre Sainte vers </em><em>la Grande</em><em> Guerre</em><em> Sainte ! » </em>C’est-à-dire, vers le combat dans la voie spirituelle, qui demande autant, sinon plus, de courage et de fidélité.</p>
<p class="MsoNormal" style="text-align:justify;">
<p class="MsoNormal" style="text-align:justify;"><strong>Enseignement à caractère initiatique.</strong></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align:justify;"><strong> </strong></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align:justify;">L’enseignement véritable des Samouraïs a toujours été tenu secret et fut préservé par la forme de sa transmission, orale de maître à disciple. Les maîtres d’armes partaient du principe que « pratique et connaissance » ne sont qu’un et ne peuvent s’exprimer par l’écriture seule.</p>
<p class="MsoNormal" style="text-align:justify;">En 1615 parut bien le Buke-Sho Hatto par le moine Zen, Suden, mais c’était un petit traité de treize préceptes de comportement. Pareil, le texte de Yuzan en 1686, le Budo Shin Shu, insistant plus sur l’éthique que sur la technique.</p>
<p class="MsoNormal" style="text-align:justify;">
<p class="MsoNormal" style="text-align:justify;">Le premier écrit précisément<span> </span>samouraï est le Gorin-No-Sho, Ecrits sur les cinq Roues, du célèbre maître d’armes Miyamoto Musashi. C’est un petit manuel concis et profond sur l’art du combat. Contrairement au Hagakure qui ne cesse d’évoquer la mort et de s’y préparer, Musashi ne parle jamais de la mort. On pourrait résumer en un seul mot les Ecrits<span> </span>sur les cinq Roues : Rythme. Chaque chapitre en traite : « <em>L’action d’un maître d’armes peut paraître lente, mais il ne s’écarte jamais du rythme ». </em>En 1716, enfin, furent imprimés les 11 volumes de Hagakure, le livre secret des samouraïs, composé de maximes, exaltant la voie du Bushido. Ce fut le livre de chevet de l’écrivain Yukio Mishima, qui se fit seppuku pour protester contre la perte des traditions au Japon.</p>
<p class="MsoNormal" style="text-align:justify;">
<p class="MsoNormal" style="text-align:justify;"><strong>Vie et caractère du Samouraï.</strong></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align:justify;"><strong> </strong></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align:justify;"><em>Samouraï </em>veut dire « soumis », « celui qui sert ». Le mot vient de l’ancien japonais <em>Saburai</em>, évolué phonétiquement en <em>Samouraï. </em>Son devoir était de servir son maître, dans l’honneur et la fidélité, sans peur ni reproche. Il nous rappelle les preux Chevaliers de Nos Chansons de Geste ou bien les héros des Sagas nordiques. Durant plus de huit siècles <span> </span>(8<sup>e</sup> au 16<sup>e</sup> siècle) l’histoire du Japon n’a été qu’une interminable guerre civile et c’est sans doute la raison qui fait que nulle part ailleurs que dans ce pays, les arts martiaux et le culte du guerrier ont si profondément marqué la culture et la psychologie du peuple. Quand ces arts martiaux furent découverts par l’Occident, on s’aperçut que derrière l’habileté fabuleuse des bretteurs se cachait tout un entraînement ininterrompu pour forger une mentalité guerrière inspirée par le Zen, respectueuse du Shinto et basée sur un code d’honneur qui pouvait mener jusqu’à s’imposer le <em>seppuku</em> (suicide rituel, <em>harakiri</em>) en cas de défaite, ou de perte d’honneur.</p>
<p class="MsoNormal" style="text-align:justify;">
<p class="MsoNormal" style="text-align:justify;">Comme cela était fait par les troubadours du Moyen Age occidental, les hauts faits guerriers nippons furent colportés de château en château par des chanteurs s’accompagnant du <em>biwa</em>. Vantant les prouesses de ces guerriers qui furent aussi parfois des saints, toujours des invincibles, des héros ayant quelque chose de plus que les simples humains. Féroces au combat, mais poètes à leur heures, d’une volonté inflexible et pourtant d’une sensibilité à <span> </span>fleur de peau, prêts à mourir mais toujours sûrs de vaincre. Fiers chevaliers au port altier, mais si proche de la fleur de cerisier, prête à tomber au premier souffle de la brise matinale…</p>
<p class="MsoNormal" style="text-align:justify;">
<p class="MsoNormal" style="text-align:justify;">
<p class="MsoNormal" style="text-align:center;" align="center"><em>Si quelqu’un te demande</em></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align:center;" align="center"><em>Quel est l’esprit du Japon ?</em></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align:center;" align="center"><em>C’est une fleur de cerisier</em></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align:center;" align="center"><em>Qui s’exhale au Soleil Levant</em></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align:center;" align="center">(NORINAGA, 1780)</p>
<p class="MsoNormal" style="text-align:center;" align="center">
<p class="MsoNormal" style="text-align:justify;">Le thème de la fleur de cerisier revient très souvent se référant au samouraï. Comme dans le film « Le dernier samouraï, où celui-ci cherche vainement le strophe concluant pour son Haïku, mais le trouve en mourant, quand des fleurs de cerisiers tombent sur lui. Souvent le féroce guerrier est comparé à cette fleur si fragile d’un éclat inégalable juste avant qu’elle ne commence à se faner…</p>
<p class="MsoNormal" style="text-align:justify;">
<p class="MsoNormal" style="text-align:justify;"><strong>Jean Karnac</strong></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align:justify;"><strong> </strong></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align:justify;"><strong>* </strong>Les livres de Pierre Delorme sont également à recommander, démontrant parfaitement la dimension spirituelle des arts martiaux, qui, en France, malheureusement, ont tendance à n’être qu’une sorte de gymnastique…</p>
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		<item>
		<title>Abbé Henri Stéphane, Christianisme et civilisation du travail (texte intégral)</title>
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		<pubDate>Sun, 20 Apr 2008 16:39:04 +0000</pubDate>
		<dc:creator>baadm</dc:creator>
				<category><![CDATA[Abbé Henri Stéphane]]></category>
		<category><![CDATA[christianisme]]></category>
		<category><![CDATA[civilisation]]></category>
		<category><![CDATA[modernité]]></category>

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		<description><![CDATA[Les conceptions qui lient l’avenir du Christianisme à la « civilisation du travail » reposent sur une confusion du temporel et du spirituel, que l’on trouve dans toute les théories du type que voici : une conception marxiste de l’Histoire comme condition de l’avènement du Royaume de Dieu et, parallèlement, une conception de l’Incarnation comme [...]<img alt="" border="0" src="http://stats.wordpress.com/b.gif?host=alkhidr.wordpress.com&amp;blog=3531289&amp;post=11&amp;subd=alkhidr&amp;ref=&amp;feed=1" width="1" height="1" />]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p class="MsoNormal" style="text-align:justify;">Les conceptions qui lient l’avenir du Christianisme à la « civilisation du travail » reposent sur une confusion du temporel et du spirituel, que l’on trouve dans toute les théories du type que voici : une conception marxiste de l’Histoire comme condition de l’avènement du Royaume de Dieu et, parallèlement, une conception de l’Incarnation comme une intervention de Dieu dans l’histoire. Cette perspective n’est pas sans rapport avec celle du Royaume d’Israël dans la pensée juive à laquelle s’est opposée précisément la doctrine du Christ : « Mon royaume n’est pas de ce monde ». Cette théorie est donc radicalement fausse, et l’Eglise n’a pas à s’inféoder davantage à la civilisation du travail qu’à la civilisation capitaliste.</p>
<p class="MsoNormal" style="text-align:justify;"><span> </span>Métaphysiquement, la conception cyclique de l’histoire suffit à montrer l’inanité d’une idéologie marxiste, fût-elle plus ou moins « christianisée ». Théologiquement, le dogme du péché originel – traduction de la « descente cyclique » -<span> </span>suffit à ruiner d’avance les tentatives de régénération d’un monde « comme tel », et la Rédemption n’a pas d’autre but que d’assurer le « salut des âmes », dont le dogme de la « prédestination » ne permet de préjuger en aucune manière. Qui nous dit que le « monde ouvrier » sauvera mieux son âme dans une « civilisation chrétienne du travail »où des conditions de vie matérielle meilleures s’accompagneront d’un « embourgeoisement » aussi nuisible que l’abrutissement du travail actuel, que dans une civilisation capitaliste où la misère du prolétariat diminue considérablement sa responsabilité morale ? On conviendra qu’il y a là un « mystère »<span> </span>que toutes les idéologies démocratiques des « chrétiens sociaux » sont bien incapables d’éclaircir.</p>
<p class="MsoNormal" style="text-align:justify;"><span> </span>A plus forte raison, une conception métaphysique ou initiatique du christianisme ne saurait s’embarrasser de considérations sentimentales sur la « condition ouvrière ». Faut-il ajouter que celui qui « recherche d’abord le Royaume de Dieu et sa Justice » contribue infiniment plus à l’avènement du Royaume de Dieu, non pas d’une manière visible en améliorant les conditions de la classe ouvrière ou de quelque autre situation humaine, mais par sa parfaite conformité au « plan divin », ou soumission à la Volonté du Ciel (<em>islam)</em>, plutôt que par une « révolte » quelconque contre un « désordre social » qui ne peut être remplacé que par un autre désordre !</p>
<br /><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/categories/alkhidr.wordpress.com/11/" /> <img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/tags/alkhidr.wordpress.com/11/" /> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/gocomments/alkhidr.wordpress.com/11/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/comments/alkhidr.wordpress.com/11/" /></a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/godelicious/alkhidr.wordpress.com/11/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/delicious/alkhidr.wordpress.com/11/" /></a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/gofacebook/alkhidr.wordpress.com/11/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/facebook/alkhidr.wordpress.com/11/" /></a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/gotwitter/alkhidr.wordpress.com/11/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/twitter/alkhidr.wordpress.com/11/" /></a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/gostumble/alkhidr.wordpress.com/11/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/stumble/alkhidr.wordpress.com/11/" /></a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/godigg/alkhidr.wordpress.com/11/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/digg/alkhidr.wordpress.com/11/" /></a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/goreddit/alkhidr.wordpress.com/11/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/reddit/alkhidr.wordpress.com/11/" /></a> <img alt="" border="0" src="http://stats.wordpress.com/b.gif?host=alkhidr.wordpress.com&amp;blog=3531289&amp;post=11&amp;subd=alkhidr&amp;ref=&amp;feed=1" width="1" height="1" />]]></content:encoded>
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		<item>
		<title>M.Eliade, La femme indienne (texte intégral)</title>
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		<pubDate>Sun, 20 Apr 2008 16:31:26 +0000</pubDate>
		<dc:creator>baadm</dc:creator>
				<category><![CDATA[Eliade Mircea]]></category>
		<category><![CDATA[femme]]></category>
		<category><![CDATA[hindouisme]]></category>
		<category><![CDATA[inde]]></category>

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		<description><![CDATA[Chapitre extrait de L&#8217;Inde, de Mircea Eliade A l&#8217;écoute de Srimati Devi En Inde, toute femme est une Devi, une déesse. Lorsqu&#8217;on s&#8217;adresse à une femme mariée ou à une jeune fille, quels que soient son rang et son âge, on ne prononce jamais son nom de famille &#8211; on ajoute Devi après son prénom. [...]<img alt="" border="0" src="http://stats.wordpress.com/b.gif?host=alkhidr.wordpress.com&amp;blog=3531289&amp;post=10&amp;subd=alkhidr&amp;ref=&amp;feed=1" width="1" height="1" />]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><em>Chapitre extrait de</em> L&#8217;Inde, <em>de Mircea Eliade</em></p>
<p><strong>A l&#8217;écoute de  Srimati Devi</strong></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align:justify;"><span style="font-size:10pt;font-family:Arial;"><span> </span>En Inde, toute femme est une <em>Devi</em>, une déesse. Lorsqu&#8217;on s&#8217;adresse à une femme mariée ou à une jeune fille, quels que soient son rang et son âge, on ne prononce jamais son nom de famille &#8211; on ajoute <em>Devi</em> après son prénom. Ainsi, Mlle Indira Sen devient Indira Devi; Mme Kamala Chatterji, Kamala Devi.</span></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align:justify;"><span style="font-size:10pt;font-family:Arial;"><span> </span>Ce détail est significatif. L&#8217;Inde ne voit dans la femme ni la vierge ni la maîtresse. L&#8217;Inde voit uniquement la déesse, l&#8217;immolation créatrice, la mère. Auprès de celle-ci, toute autre vertu féminine pâlit. Chaque femme est adorée parce qu&#8217;elle est ou sera une mère. C&#8217;est pourquoi, quand on connaît trop bien une femme pour pouvoir encore l&#8217;appeler <em>Devi</em>, on l&#8217;appelle Mère. Même s&#8217;il ne s&#8217;agit que d&#8217;une jeune paysanne ou d&#8217;une lycéenne.</span></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align:justify;"><span style="font-size:10pt;font-family:Arial;"><span> </span>De la femme asiatique, et particulièrement indienne, on a dit et écrit une quantité de bêtises. Pittoresques et vraisemblables, elles ont été crues parce qu&#8217;elles flattaient soit notre imagination, soit nos préjugés d&#8217;Occidentaux civilisés. Ecoutez à présent ce qu&#8217;en dit une Indienne. Je transcris des fragments de ce que j&#8217;ai entendu il y a assez longtemps, un soir de février, sur une terrasse de Bhoswanipore.</span></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align:justify;"><span style="font-size:10pt;font-family:Arial;"> </span></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align:justify;"><span style="font-size:10pt;font-family:Arial;"><span> </span>&laquo;&nbsp;Nos soeurs d&#8217;Europe et d&#8217;Amérique se sont habituées à nous prendre en pitié. Elles croient que les femmes indiennes sont asservies dans des harems, privées de toute distraction et de toute liberté, aspirant à l&#8217;affranchissement. Il est exact que de tels cas existent, mais ils n&#8217;appartiennent pas à la société hindoue. En fait, les Européennes voient dans votre vie une existence sans romance, sans aventure, sans imprévu. Et elles en concluent que nous sommes malheureuses. Or, en vérité, nous nous sentirions malheureuses, chagrinées, violentées, si nous devions subir la vie qu&#8217;elles mènent là-bas, dans la liberté des instincts et la confusion sociale. D&#8217;abord, la liberté ne nous intéresse pas. C&#8217;est une illusion, dont chacun se débarrassera tôt ou tard. Notre vie est déterminée par le destin, par le karma, et toute évasion ne fait qu&#8217;en resserrer les liens. Par ailleurs, la romance ne nous semble pas indispensable au bonheur. Pour nous, le bonheur n&#8217;est pas un caprice, il n&#8217;est donc pas une heure passagère et irresponsable, pas une quelconque fatuité passionnelle ou sentimentale. Ce genre de passions, nous m&#8217;appelons <em>moha</em>, mais cela n&#8217;est pas le bonheur. Je ne sais pas si vous pourrez me comprendre, mais, pour une Indienne, le bonheur ne réside jamais dans l&#8217;initiative, il réside dans l&#8217;institution &#8211; ce qui signifie se consacrer totalement à un idéal vieux de milliers d&#8217;années, l&#8217;idéal de la famille, de l&#8217;éducation des enfants. La béatitude et la libération finales existent seulement dans la mesure où nous renonçons aux éphémères caprices passionnels, simples troubles, pour chercher à atteindre la perfection de nos mères.</span></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align:justify;"><span style="font-size:10pt;font-family:Arial;"><span> </span>Nous ne sommes d&#8217;ailleurs pas seules : nous portons en nous l&#8217;expérience de milliers d&#8217;années de chasteté, de fierté maternelle, de dignité et d&#8217;héroïsme. Dans tout rituel religieux, nous communiquons avec l&#8217;image de nos aïeules. Nous ne nous séparons jamais de nos mères &#8230;</span></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align:justify;"><span style="font-size:10pt;font-family:Arial;"><span> </span>Nos soeurs d&#8217;Europe affirment que nous menons une vie monotone et que nous sommes des esclaves. Vous, maintenant, vous êtes ici depuis assez longtemps pour avoir pu constater qu&#8217;il ne saurait être question d&#8217;esclavage. L&#8217;épouse est la maîtresse de la maison, sauf si la mère de son mari vit encore. C&#8217;est l&#8217;épouse qui tient les comptes, qui décide des achats, qui dirige tout. Si l&#8217;on ne voit pas de femmes dans la rue, cela ne veut nullement dire <em>qu&#8217;elles ne peuvent pas </em>sortir, mais <em>qu&#8217;elles ne veulent pas</em>, parce que la rue ne les intéresse pas, parce qu&#8217;elles n&#8217;ont pas de temps à perdre. Vous avez également pu remarquer que la maison, en Inde, est bien différente de celles qu&#8217;on trouve ailleurs. D&#8217;abord, elle compte entre dix et trente membres. Ensuite, la responsabilité et la bonne marche en incombent à l&#8217;épouse. Le plus grand plaisir que vous puissiez faire à une Indienne, c&#8217;est de lui demander de vous servir &#8211; de vous donner à manger, de vous recoudre quelque chose, de vous faire bouillir du lait, de nettoyer votre chambre. Nous, nous ignorons l&#8217;aristocratie de la presse. Nous sommes heureuses quand nous pouvons laver et faire le ménage dans toute une maison. Seva, servir, tel est l&#8217;idéal de l&#8217;Indienne. Mais je le répète, c&#8217;est une chose que nous aimons, on ne nous en donne pas l&#8217;ordre. Nous avons tellement de domestiques que, si nous voulions paresser, la maison n&#8217;en serait pas moins propre.</span></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align:justify;"><span style="font-size:10pt;font-family:Arial;"><span> </span>C&#8217;est seulement au cinéma que la vie de nos soeurs européennes nous enthousiasme. Voilà pourquoi les salles de quartier sont tellement pleines d&#8217;Indiennes. Si elles trouvent si drôles les Européennes, c&#8217;est parce que celles-ci se livrent à des activités masculines. Nous, nous nous amusons à la maison à imiter les hommes, à singer leurs airs supérieurs. Mais, depuis qu&#8217;il y a le cinéma, nous nous amusons encore plus à regarder les actrices blanches.</span></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align:justify;"><span style="font-size:10pt;font-family:Arial;"><span> </span>Les films nous font souvent éclater de rire, mais c&#8217;est quelquefois à une tragédie, et alors nos maris nous grondent. C&#8217;est admirable d&#8217;être européenne, mais comment résistent-elles à un comique aussi prolongé ? Nous, on mourrait d&#8217;ennui. Elles, elles voient tellement de gens qu&#8217;elles n&#8217;ont pas le temps de s&#8217;y attarder, d&#8217;apprendre à les éviter ou non. Leur vie est très monotone. Un jour, je suis allée avec plusieurs familles indiennes à une garden-party et nous avons écouté du jazz. Eh bien, je n&#8217;avais jamais rien entendu d&#8217;aussi monotone et bruyant. Il paraît pourtant que le jazz exalte les femmes blanches. Etrange.</span></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align:justify;"><span style="font-size:10pt;font-family:Arial;"><span> </span>&#8230; Vous n&#8217;êtes pas sans savoir combien pittoresque est la vie d&#8217;une épouse indienne. Combien pleine, surtout. Nous voyons peu nos maris, mais, tout ce que nous faisons, nous le faisons en pensant à eux. Voilà pourquoi vous nous entendez tout le temps chanter. Nous ne fatiguons jamais notre mari de notre présence, nous le laissons nous deviner et nous chercher. Nous ne nous marions pas par amour, voyez-vous, nous aimons après nous être mariées. Nous l&#8217;aimons pace qu&#8217;il est l&#8217;époux qui nous était destiné. D&#8217;ailleurs, chacun sait qu&#8217;il y a dans sa vie trois actes capitaux dans lesquels il ne peut pas intervenir : sa naissance, son mariage et sa mort. Nous naissons, nous nous marions et nous mourons conformément au karma. Pour cette raison, notre époux est véritablement <em>nôtre</em>, depuis des milliers d&#8217;années, à travers tant et tant de transmigrations. Là, dans ce fait essentiel, il n&#8217;y a pas d&#8217;exception. Ce qui explique qu&#8217;il y ait si peu de mariage malheureux en Inde, et pratiquement pas de divorces.</span></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align:justify;"><span style="font-size:10pt;font-family:Arial;"><span> </span>&#8230; Toute Indienne rêve d&#8217;imiter l&#8217;une des héroïnes du <em>Mahabharata</em> ou du <em>Ramayana</em>. Chacune veut devenir une déesse. Avec de tels sommets devant nous, que ferions-nous de la capricieuse liberté de nos soeurs européennes ? Nous la gaspillerions comme des fleurs de lotus sur le fleuve, sans pour autant quitter l&#8217;autel dressé sur la rive. Car, voyez-vous, il n&#8217;est pas de bonheur passager, il n&#8217;est de béatitude que dans l&#8217;éternité. Le reste est cinéma et jazz &#8230;&nbsp;&raquo;</span></p>
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		<title>F.Schuon, Orient occidental et Occident oriental (extrait)</title>
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		<pubDate>Sun, 20 Apr 2008 16:25:16 +0000</pubDate>
		<dc:creator>baadm</dc:creator>
				<category><![CDATA[Schuon Frithjof]]></category>
		<category><![CDATA[modernité]]></category>
		<category><![CDATA[occident]]></category>
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		<description><![CDATA[extrait de Castes et Races, de Frithjof Schuon Nous voudrions saisir ici l’occasion pour dire quelques mots, en marge de nos considérations sur les races mais non sans rapport avec elles, de l’opposition – vraie ou fausse - entre l’Occident et l’Orient : tout d’abord, il y a, des deux côtés, une opposition interne le [...]<img alt="" border="0" src="http://stats.wordpress.com/b.gif?host=alkhidr.wordpress.com&amp;blog=3531289&amp;post=9&amp;subd=alkhidr&amp;ref=&amp;feed=1" width="1" height="1" />]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><em>extrait de </em>Castes et Races,<em> de Frithjof Schuon</em></p>
<p><span style="font-size:12pt;">Nous voudrions saisir ici l’occasion pour dire quelques mots, en marge de nos considérations sur les races mais non sans rapport avec elles, de l’opposition – vraie ou fausse -<span> </span>entre l’Occident et l’Orient : tout d’abord, il y a, des deux côtés, une opposition interne le patrimoine sacré et ce qui s’en écarte, soit activement, soit d’une manière passive ; cela signifie que la distinction Orient-Occident n’a rien d’absolu, qu’il est un « Orient occidental » comme il y avait – ou comme il y a peut-être encore dans certains cadres – un « Occident oriental », tel le Mont Athos ou quelque autre phénomène plus ou moins isolé. Pour ce qui est de l’Orient, il faut donc commencer par distinguer, &#8211; sous peine de contradictions inextricables, &#8211; entre les Orientaux qui ne doivent rien, ou à peu près, à l’Occident, et qui ont toutes les raisons et tous les droits de lui résister, et ceux qui, au contraire, lui doivent tout – ou s’imaginent tout lui devoir – et qui passent trop volontiers leur temps à énumérer les crimes coloniaux de l’Europe, comme si les Européens étaient les seuls hommes à avoir conquis des pays et exploité des peuples. L’empressement aveugle avec lequel les Orientaux occidentalisés, quelle que soit leur couleur politique, poussent l’occidentalisation de l’Orient, prouve sans contredit à quel point ils sont convaincus de la supériorité de la civilisation occidentale moderne, celle-là même qui a engendré le colonialisme, comme aussi le machinisme et le marxisme ; or il est peu de choses aussi absurdes que l’anti-occidentalisme des occidentalisés, car de deux choses l’une : ou bien cette civilisation est digne d’être adoptée, et alors les Européens sont des surhommes auxquels on doit pour ainsi dire une reconnaissance éternelle, s’il est permis d’user d’un abus de langage ; ou bien les Européens sont des malfaiteurs dignes de mépris, et alors leur civilisation tombe avec eux et il n’y a aucune raison de l’imiter. En fait, on imite l’Occident intégralement, du fond du cœur et dans ses caprices les plus inutiles ; loin de se borner à un armement moderne en vue d’une légitime défense, ou à un outillage économique pouvant faire face aux situations créées par la surpopulation et dues en partie aux crimes biologiques de la science moderne, on adopte l’âme même de l’Occident antitraditionnel, au point de demander à la « science des religions » et à la psychanalyse, voire au surréalisme, les clefs de la sagesse millénaire de l’Orient. <strong>En un mot, on croit à la supériorité de l’Occident, et on reproche aux Occidentaux d’y avoir cru.</strong></span></p>
<br /><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/categories/alkhidr.wordpress.com/9/" /> <img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/tags/alkhidr.wordpress.com/9/" /> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/gocomments/alkhidr.wordpress.com/9/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/comments/alkhidr.wordpress.com/9/" /></a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/godelicious/alkhidr.wordpress.com/9/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/delicious/alkhidr.wordpress.com/9/" /></a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/gofacebook/alkhidr.wordpress.com/9/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/facebook/alkhidr.wordpress.com/9/" /></a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/gotwitter/alkhidr.wordpress.com/9/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/twitter/alkhidr.wordpress.com/9/" /></a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/gostumble/alkhidr.wordpress.com/9/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/stumble/alkhidr.wordpress.com/9/" /></a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/godigg/alkhidr.wordpress.com/9/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/digg/alkhidr.wordpress.com/9/" /></a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/goreddit/alkhidr.wordpress.com/9/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/reddit/alkhidr.wordpress.com/9/" /></a> <img alt="" border="0" src="http://stats.wordpress.com/b.gif?host=alkhidr.wordpress.com&amp;blog=3531289&amp;post=9&amp;subd=alkhidr&amp;ref=&amp;feed=1" width="1" height="1" />]]></content:encoded>
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		<title>R.Guénon, Influence de la civilisation islamique en Occident (texte intégral)</title>
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		<pubDate>Sun, 20 Apr 2008 16:04:32 +0000</pubDate>
		<dc:creator>baadm</dc:creator>
				<category><![CDATA[Guénon René]]></category>
		<category><![CDATA[civilisation]]></category>
		<category><![CDATA[islam]]></category>
		<category><![CDATA[occident]]></category>

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		<description><![CDATA[Article tiré du recueil d&#8217;articles de René Guénon, Apercus sur l&#8217;ésotérisme islamique et le taoisme, publié originellement dans la revue El Marifah, et traduit de l&#8217;arabe pour être publié dans la revue Etudes Traditionnelles, en 1950. La plupart des Européens n’ont pas exactement évalué l’importance de l’apport qu’ils ont reçu de la civilisation islamique, ni [...]<img alt="" border="0" src="http://stats.wordpress.com/b.gif?host=alkhidr.wordpress.com&amp;blog=3531289&amp;post=8&amp;subd=alkhidr&amp;ref=&amp;feed=1" width="1" height="1" />]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><em>Article tiré du recueil d&#8217;articles de René Guénon,</em> Apercus sur l&#8217;ésotérisme islamique et le taoisme<em>, publié originellement dans la revue</em> El Marifah<em>, et traduit de l&#8217;arabe pour être publié dans la revue</em> Etudes Traditionnelles<em>, en 1950. </em></p>
<p>La plupart des Européens n’ont pas exactement évalué l’importance de l’apport qu’ils ont reçu de la civilisation islamique, ni compris la nature de leurs emprunts à cette civilisation dans le passé et certains vont jusqu’à totalement méconnaître tout ce qui s’y rapporte. Cela vient de ce que l’histoire telle qu’elle leur est enseignée travestit mes faits et paraît avoir été altérée volontairement sur beaucoup de points. C’est avec outrance que cet enseignement affiche le peu de considération que lui inspire la civilisation islamique, et il a l’habitude d’en rabaisser le mérite chaque fois que l’occasion s’en présente. Il importe de remarquer que l’enseignement historique des Universités d’Europe ne montre pas l’influence dont il s’agit. Au contraire, les vérités qui devraient être dites à ce sujet, qu’il s’agisse de professer ou d’écrire, sont systématiquement écartées, surtout pour les événements les plus importants.<br />
Par exemple, s’il est généralement connu que l’Espagne est restée sous la loi islamique pendant plusieurs siècles, on ne dit jamais qu’il en fut de même d’autres pays, tels que la Sicile ou la partie méridionale de la France actuelle. Certains veulent attribuer ce silence des historiens à quelque préjugés religieux. Mais que dire des historiens actuels dont la plupart sont sans religion, sinon adversaires de toute religion, quand ils viennent confirmer ce que leurs devanciers ont dit de contraire à la vérité ?<br />
Il faut donc voir là une conséquence de l’orgueil et de la présomption des Occidentaux, travers qui les empêchent de reconnaître la vérité et l’importance de leurs dettes envers l’Orient.<br />
Le plus étrange en cette occurrence c’est de voir les Européens se considérer comme les héritiers directs de la civilisation hellénique, alors que la vérité des faits infirme cette prétention. La réalité tirée de l’histoire même établit péremptoirement que la science et la philosophie grecques ont été transmises aux Européens par des intermédiaires musulmans. En d’autres termes, le patrimoine intellectuel des Hellènes n’est parvenu à l’Occident qu’après avoir été sérieusement étudié par le Proche-Orient et n’étaient les savants de l’Islam et ses philosophes, les Européens seraient restés dans l’ignorance totale de ces connaissances pendant fort longtemps, si tant es qu’ils soient jamais parvenus à les connaître.<br />
Il convient de faire remarquer que nous parlons ici de l’influence de la civilisation islamique et non spécialement arabe comme on le dit quelquefois à tort. Car le plupart de ceux qui ont exercé cette influence en Occident n’étaient pas de race arabe et si leur langue était l’arabe, c’était seulement une conséquence de leur adoption de la religion islamique.<br />
Puisque nous sommes amenés à parler de la langue arabe nous pouvons voir une preuve certaine de l’extension de cette même influence en Occident dans l’existence de termes d’origine et de racine arabe beaucoup plus nombreux qu’on ne le croit généralement, incorporés dans presque toutes les langues européennes et dont l’emploi s’est continué jusqu’à nous, encore que beaucoup parmi les européens qui s’en servent ignorent totalement leur véritable origine. Comme les mots ne sont autre chose que le véhicule des idées et le moyen d’extériorisation de la pensée, on conçoit qu’il soit extrêmement facile de déduire de ces faits la transmission des idées et des conceptions islamiques elles-mêmes.<br />
En fait, l’influence de la civilisation islamique s’est étendu dans une très large mesure et d’une manière sensible à tous les domaines, science, arts, philosophie, etc. L’Espagne était alors un milieu très important à cet égard et le principal centre de diffusion de cette civilisation. Notre intention n’est pas de traiter en détail chacun de ces aspects ni de définir l’aire d’extension de la civilisation islamique, mais seulement d’indiquer certains faits que nous considérons comme particulièrement importants, bien que peu nombreux soient à notre époque ceux qui reconnaissent cette importance.<br />
En ce qui concerne les sciences, nous pouvons faire une distinction entre les sciences, nous pouvons faire une distinction entre les sciences naturelles et les sciences mathématiques. Pour les premières, nous savons avec certitude que certaines d’entre elles ont été transmises par la civilisation islamique à l’Europe qui les lui emprunta d’une façon complète. La chimie par exemple, a toujours gardé son nom arabe, nom dont l’origine remonte d’ailleurs à l’Égypte ancienne, et cela bien que le sens premier et profond de cette science soit devenu tout à fait inconnu des modernes et perdu pour eux.<br />
Pour prendre un autre exemple, celui de l’astronomie, les mots techniques qui y sont employés dans toutes les langues européennes sont encore pour la plupart d’origine arabe,et les noms de beaucoup des corps célestes n’ont pas cessé d’être les noms arabes employés tels quels par les astronomes de tous les pays. Ceci est dû au fait que les travaux des astronomes grecs de ‘antiquité, tels que Ptolémée d’Alexandrie, avaient été connus par des traductions arabes en même temps que ceux de leurs continuateurs musulmans. Il serait d’ailleurs facile de montrer en général que la plupart des connaissances géographiques concernant les contrées les plus éloignées d’Asie ou d’Afrique ont été acquises pendant longtemps par des explorateurs arabes qui ont visité de très nombreuses régions et on pourrait citer beaucoup d’autres faits de ce genre.<br />
Pour ce qui a trait aux inventions qui ne sont que des applications des sciences naturelles, elles ont également suivi la même voie de transmission, c’est-à-dire l’entremise musulmane, et l’histoire de « l’horloge à eau » offerte par le Khalife Haroun-el-Rachid à l’empereur Charlemagne, n’a pas encore disparu des mémoires.<br />
En ce qui concerne les sciences mathématiques, il convient de leur accorder une attention particulière sous ce rapport. Dans ce vaste domaine, ce n’est pas seulement la science grecque qui a été transmise à l’Occident par l’intermédiaire de la civilisation islamique, mais aussi la science hindoue. Les Grecs avaient aussi développé ma géométrie, et même la science des nombres, pour eux, était toujours rattachée à la considération de figures géométriques correspondantes. Cette prédominance donnée à la géométrie apparaît clairement, par exemple dans Platon. Il existe cependant une autre partie des mathématiques appartenant à la science des nombres qui n’est pas connue, comme les autres sous une dénomination grecque dans les langues européennes, pour la raison que les anciens Grecs l’ont ignorée. Cette science est l’algèbre, dont la source première a été l’Inde et dont l’appellation arabe montre assez comment elle a été transmise à l’Occident.<br />
Un autre fait qu’il est bon de signaler ici malgré sa moindre importance, vient encore corroborer ce que nous avons dit, c’est que les chiffres employés par les Européens sont partout connus comme chiffres arabes, quoique leur origine première soit en réalité hindoue, car les signes de numération employés originairement par les Arabes n’étaient autres que les lettres de l’alphabet elles-mêmes.<br />
Si maintenant nous quittons l&#8217;examen des sciences pour celui des arts, nous remarquons que, en ce qui concerne la littérature et la poésie, bien des idées provenant des écrivains et des poètes musulmans, ont été utilisées dans la littérature européenne et que même certains écrivains occidentaux sont allés jusqu&#8217;à l&#8217;imitation pur eet simple de leurs oeuvres. De même, on peut relever des traces de l&#8217;influence islamique en architecture, et cela d&#8217;une façon toute particulière au Moyen Age; ainsi, la croisée d&#8217;ogive dont le caractère s&#8217;est affirmé à ce point qu&#8217;elle à donné son nom à un style architectural, a incontestablement son origine dans l&#8217;architecture islamique, bien que de nombreuses théories fantaisistes aient été inventées pour dissimuler cette vérité. Ces théories sont contredites par l&#8217;existence d&#8217;une tradition chez les constructeurs eux-mêmes affirmant constamment la transmission de leurs connaissances à partir du Proche-Orient.<br />
Ces connaissances revêtaient un caractère secret et donnaient à leur art un sens symbolique; elles avaient des relations très étroites avec la science des nombres et leur origine première a toujours été rapportée à ceux qui bâtirent le Temple de Salmon.<br />
Quoi qu&#8217;il en soit de l&#8217;origine lointaine de cette science, il n&#8217;est pas possible qu&#8217;elle ait été transmise à l&#8217;Europe du Moyen Age par un intermédiaire autre que celui du monde musulman. Il convient de dire à cet égard que ces constructeurs constitués en corporations qui possédaient des rites spéciaux, se considéraient et se désignaient comme étrangers en Occident, fût-ce dans leur pays natal, et que cette dénomination a subsisté jusqu&#8217;à nos jours, bien que ces choses soient devenues obscures et ne soient plus connues que par un nombre infime de gens.<br />
Dans ce rapide exposé, il faut mentionner spécialement un autre domanie, celui de la philosophie, où l&#8217;influence islamique atteignit au Moyen Age une importance si considérable qu&#8217;aucun des plus acharnés adversaires de l&#8217;Orient ne saurait en méconnaître la force. On peut dire véritablement que l&#8217;Europe, à ce moment, ne disposait d&#8217;aucun auter moyen pour arriver à la connaissance de la philosophie grecque. Les traductions latines de Platon et d&#8217;Aristote, qui étaient utilisées alors, n&#8217;avaient pas été faites directement sur les originaux grecs, mais bien sur des traditions arabes antérieures, auxquelles étaient joints les commentaires des philosophes musulmans contemporains, tel qu&#8217;Averroès, Avicenne, etc.<br />
La philosophie d&#8217;alors, connue sous le nom de scolastique, est généralement distingué en musulmane, juive et chrétienne. Mais c&#8217;est la musulmane qui est à la source des deux autres et plus particulièrement de la philosophie juive, qui a fleuri en Espagne et dont le véhicule était la langue arabe ,comme on peut le constater par des oeuvres aussi importantes que celles de Moussa-ibn-Maimoun qui a inspiré la philosophie juive postérieure de plusieurs siècles jusqu&#8217;à celle de Spinoza, où certaines de ses idées sont encore très reconnaissables.<br />
Mais il n&#8217;est pas nécessaire de continuer l&#8217;énumération de faits que tous ceux qui ont quelque notion de l&#8217;histoire de la pensée connaissent. Il est préférable d&#8217;étudier pour terminer d&#8217;autres faits d&#8217;un ordre tout différent, totalement ignorées de la plupart des modernes qui, particulièrement en Europe, n&#8217;en ont pas même la plus légère idée; alors qu&#8217;à notre point de vue ces choses présentent un intérêt beaucoup plus considérable que toutes les connaissances extérieurs de la science et de la philosophie. Nous voulons parler de l&#8217;ésotérisme avec tout ce qui s&#8217;y rattache et en découle en fait de connaissance dérivée, constituant des sciences totalement différentes de celles qui sont connues des modernes.<br />
En réalité, l&#8217;Europe na&#8217; de nos jours rien qui puisse rappeler ces sciences, bien plus, l&#8217;Occident ignore tout des connaissances véritables telles que l&#8217;ésotérisme et ses analogues, alors qu&#8217;au Moyen Age il en était tout autrement; et, en ce domaine aussi, l&#8217;influence islamique à cette époque apparaît de la façon la plus lumineuse et la plus évidente. Il est d&#8217;ailleurs très facile d&#8217;en relever les traces dans des oeuvres aux sens multiples et dont le but réel était tout autre que littéraire.<br />
Certains Européens ont eux-mêmes commencé à découvrir quelque chose de ce genre notamment par l&#8217;étude qu&#8217;ils ont faite des poèmes de Dante, mais sans arriver toutefois à la compréhension parfaite de leur véritable nature. Il y a quelques années, un orientaliste espagnol, Don Miguel Asin Palacios, a écrit un ouvrage sur les influences musulmanes dans l&#8217;oeuvre de Dante et a démontré que bien des symboles et des expressions employées par le poète, l&#8217;avaient été avant lui par des ésotéristes musulmans et en particulier par Sidi Mohiyddin-ibn-Arabi. Malheureusement, les remarques de cet érudit n&#8217;ont pas montré l&#8217;importance des symboles mis en oeuvre. Un écrivain italien, mort récemment, Luigi Valli, a étudié un peu plus profondément l&#8217;oeuvre de Dante et a conclu qu&#8217;il n&#8217;a pas été seul à employer les procédés symboliques utilisés dans la poésie ésotérique persane et arabe; au pays de Dante et parmis ses contemporains, tous ces poètes étaient membres d&#8217;une organisation à caractère secret appelée &laquo;&nbsp;Fidèles d&#8217;Amour&nbsp;&raquo; dont Dante lui-même était l&#8217;un des chefs. Mais lorsque Luigi Valli a essayé de pénétrer le sens de leur &laquo;&nbsp;langage secret&nbsp;&raquo;, il lui a été impossible à lui aussi de reconnaître le véritable caractère de cette organisation ou des autres de même nature constituées en Europe au Moyen Age. La vérité est que certaines personnalités inconnues se trouvaient derrière ces associations et les inspiraient; elles étaient connues sous différents noms, dont le plus important était celui de &nbsp;&raquo; Frères de la Rose-Croix&nbsp;&raquo;. Ceux-ci ne possédaient point d&#8217;ailleurs de règles écrites et ne constituaient point une société, ils n&#8217;avaient point non plus de réunions déterminées, et tout ce qu&#8217;on peut en dire est qu&#8217;ils avaient atteint un certain état spirituel qui nous autorise à les appeler &laquo;&nbsp;soufis&nbsp;&raquo; européens, ou tout au moins mutaçawwufin parvenus à un haut degré dans cette hiérarchie. On dit aussi que ces &laquo;&nbsp;Frères de la Rose-Croix&nbsp;&raquo; qui se servaient comme &laquo;&nbsp;couverture&nbsp;&raquo; de ces corporations de constructeurs dont nous avons parlé, enseignaient l&#8217;alchimie et d&#8217;autres sciences identiques à celles qui étaient alors en pleine floraison dans le monde de l&#8217;Islam. A la vérité, ils formaient un anneau de la chaîne qui reliait l&#8217;Orient à l&#8217;Occident et établissaient un contact permanent avec les soufis musulmans, contact symbolisé par les voyages attribués à leur fondateur légendaire.<br />
Mais tous ces faits ne sont pas venus à la connaissances de l&#8217;histoire ordinaire qui ne pousse pas ses investigations plus loin que l&#8217;apparence des faits, alors que c&#8217;est là, peut-on dire, que se trouve la véritable clef qui permettrait la solution de tant d&#8217;énigmes qui autrement resteraient toujours obscures et indéchiffrables.</p>
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		<title>M.Lings, Civilisation théocentrique (extrait)</title>
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		<pubDate>Sun, 20 Apr 2008 15:59:02 +0000</pubDate>
		<dc:creator>baadm</dc:creator>
				<category><![CDATA[Lings Martin]]></category>
		<category><![CDATA[civilisation]]></category>
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		<description><![CDATA[extrait de La Onzième Heure, de Martin Lings Si notre époque est instructive sur le niveau le plus bas, aucune évidemment, ne l’est moins sur la nature des sociétés théocentriques. La plus récente des solutions providentielles au problème du gouvernement a été, il y a mille quatre cents ans, la fondation, à Médine, de l’Etat [...]<img alt="" border="0" src="http://stats.wordpress.com/b.gif?host=alkhidr.wordpress.com&amp;blog=3531289&amp;post=6&amp;subd=alkhidr&amp;ref=&amp;feed=1" width="1" height="1" />]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><em>extrait  de</em> La Onzième Heure<em>, de Martin Lings</em></p>
<p>Si notre époque est instructive sur le niveau le plus bas, aucune évidemment, ne l’est moins sur la nature des sociétés théocentriques. La plus récente des solutions providentielles au problème du gouvernement a été, il y a mille quatre cents ans, la fondation, à Médine, de l’Etat islamique primitif, dont le succès à ses débuts tient du miracle. Sa perfection initiale a cependant été de courte durée, mais, grâce à des archives détaillées, elle demeure aujourd’hui encore l’idéal, l’exemple et le critère. Aucun effet n’a été épargné pour la maintenir vivante dans la mémoire des hommes, et en un sens, c’est d’elle que l’Islam a vécu au cours des siècles. Incarnant pour ainsi dire les pratiques et directives de l’Envoyé de Dieu, cet idéal constitue la deuxième autorité spirituelle de la religion, la première étant la Révélation elle-même. Et la troisième, incomparablement moindre que les deux autres, sans aucun pouvoir pour promouvoir quelque changement fondamental que ce soit, réside dans un certain consensus des Musulmans eux-mêmes, de ceux dont l’opinion est sûre. Mais si l’Islam ne confie que peut d’autorité spirituelle à l’être humain, ce peu concerne tout le monde : c’est pourquoi on entend quelquefois affirmer que tout homme y est prêtre. De toute façon, l’Islam ne connaît pas la laïcité, donc ne coupe pas le pouvoir politique du pouvoir religieux, et on ne peut nier qu’il existe encore dans une multitude d’individus à travers le monde musulman une conscience aiguë et rigoureuse de ce que Dieu a ordonné et de ce que le Prophète a recommandé. Après les quatre premiers califes, que l’on continue à révérer comme des saints, les plus hautes fonctions ont été occupées par des hommes dont un nombre relativement restreint étaient des justes. Le dicton « Le pouvoir et le Paradis ne vont pas ensemble » en est venu très vite à être presque considéré comme un truisme. Mais la pénurie de chefs exemplaires n’a pu ébranler pour autant la structure immuable et adamantine de cette société théocentrique. Grâce à elle, et grâce à cette vigilance spirituelle largement répondue parmi les croyants, le monde de l’Islam a été capable de résister à certaines dures épreuves. Un conquérant païen comme Hulagu, petit-fils de Gengis Khan, a pu balayer la Perse, l’Irak et la Syrie, raser Bagdad, alors siège du califat, sans y laisser pierre sur pierre, et passer la plus grande partie de ses habitants au fil de l’épée, y compris le calife et tout sa famille – pour quel résultat ? En 1258 de notre ère, ces pays n’étaient gouvernables que d’une seule façon, et vers la fin du siècle, la dynastie mongole était devenue la championne de l’Islam et l’éclatante protectrice de ses arts. Telle est aussi la destinée qui attendait Tamerlan, conquérant peut-être encore plus destructeur, et ses successeurs du siècle suivant. Inutile de dire que l’Islam n’est pas la seule vraie religion à avoir absorbé ses conquérants païens. On peut trouver ailleurs divers exemples analogues, mais ceux que nous venons de citer son particulièrement frappants, de même que significatifs, comme nous le verrons, par la place qu’ils occupent dans le cycle temporel.</p>
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